Julien, en tant que photographe, arpente Gaza et enregistre des photos d’une ville en proie à la guerre, une ville où les réfugiés espéraient vivre une période transitoire.
Ensuite, Julien fait la connaissance de Nabil, et le temps semble s’arrêter. La narration devient plus poétique avec ce narrateur qui raconte son existence, marquée par soixante ans de vagabondage, passant d’un abri à un autre, sans terre, mais sous les conflits.
Une existence marquée par la violence, l’exil, le rejet, ainsi que par la perte de sa famille, la menace des bombes et la crainte constante. Pourtant, elle est également jalonnée de livres qui ont été les compagnons fidèles de Nabil à travers ces épreuves, lui offrant une échappatoire et une meilleure compréhension du monde environnant. C’est à travers cette littérature qu’il a puisée sa sagesse, sa tolérance et sa résilience.
L’écriture de Rachid Benzine s’apparente à une danse subtile, empreinte d’une poésie saisissante. En refermant cet ouvrage, j’ai ressenti une intense mélancolie, touché par ce témoignage d’une vie ébranlée par la souffrance, mais rehaussée par la beauté inestimable des livres.
CITATIONS
-« Les livres qu’on aime sont des livres qu’on n’a pas compris, ou qu’on a cru comprendre mais les relisant on découvre un autre sens, une autre facette, une part inexplorée. »
-« Vous savez, ici, chaque livre a son histoire et sa place réservée. Vous pouvez choisir, bien sûr. Mais les livres, eux, choisissent aussi leurs lecteurs. »
-« Le lecteur est un prisonnier consentant, attaché à l’illusion que chaque page tournée le libérera. Pourtant, il se perd toujours plus, absorbé jusqu’à être incapable de se détacher de ce labyrinthe de mots. »
NOTE
