Adèle, par ses talents de photographe, se dédie à l’art d’immortaliser les noces, une passion qui l’anime et donne sens à sa vie. Son statut de freelance lui confère une liberté précieuse, lui permettant de sculpter son emploi du temps selon ses désirs. Elle habite la ville lumière, Paris, en compagnie de Lolita, sa chatte compagne. L’absence d’un mari et de descendance témoigne d’une méfiance née de son enfance tumultueuse, qui lui a enseigné la crainte de l’engagement et des liens affectifs profonds. Bien que plusieurs histoires d’amour aient croisé son chemin, aucune n’a laissé d’empreinte durable. Sa meilleure amie, cependant, demeure son port d’attache, celle qui comprend et partage les subtilités de son cœur.
Ce samedi, alors qu’elle cale son esprit sur l’organisation d’un mariage fastueux dans un manoir des environs de Paris, Adèle reçoit un appel funeste de sa tante Ghyslaine, lui révélant que son père vient de s’éteindre. Même si deux années les séparent de tout échange, une onde de choc l’envahit. En vérité, les rancœurs contre cet homme s’ancrent dans un passé lointain, une mémoire ébranlée par le départ d’Ouessant, quand elle quitta l’île aux côtés de son père, sans savoir que sa mère avait déjà rejoint le royaume des ombres, sa mort lui ayant été dissimulée sous le prétexte d’une escapade estivale.
Le retour sur le continent s’est fait de manière précipitée, et Pierre, son père, a choisi de boire pour oublier, ne pouvant s’occuper d’elle. Ghyslaine a bien voulu prendre Adèle chez elle, autrement elle aurait été placée dans une famille d’accueil. C’est là que leurs voies se sont éloignées, avec Pierre d’un côté et Adèle de l’autre, qui a grandi sans son père ni sa mère, loin d’Ouessant, un endroit où elle n’est jamais revenue, de peur d’affronter de douloureux souvenirs.
En compagnie de Ghislaine, elle s’emploie à vider l’appartement paternel. C’est alors qu’elle tombe sur un carton, camouflé dans un petit recoin, portant la mention « Personnel ». Adèle comprend alors qu’elle a mis la main sur une pièce maîtresse de son histoire, certaine que cet objet va déferler des vagues d’émotion et lever le voile sur un mystère longtemps tu.
Le chemin du retour vers l’île d’Ouessant s’impose comme une nécessité, un retour aux sources et à l’essence même de son identité. Adèle, inébranlable dans sa volonté, ne peut songer à reculer ; elle se lance avec ardeur dans la recherche de la vérité concernant Nolwenn, sa mère, et les méandres de son enfance. Elle se dirige désormais vers celle qui est sa grand-mère maternelle, demeurant encore sur cette île empreinte de souvenirs.
L’écrivaine nous entraîne avec elle sur les rivages enchanteurs de l’île d’Ouessant, et je succombe instantanément à la beauté des lieux. Laure dresse un tableau saisissant des paysages, évoquant la mer, les falaises majestueuses, le souffle du vent et les doux embruns.
L’histoire suit le parcours d’Adèle qui, au début, choisit de se cacher et de ne pas dévoiler son identité. Elle finit par retrouver son ami d’enfance, Olivier, qui l’aide à entrer en contact avec sa grand-mère. Adèle ne renonce pas face aux défis, dont le plus important est l’attitude de sa grand-mère, qui, bien qu’heureuse de leurs retrouvailles, ne semble pas disposée à lui parler de sa mère. Adèle se rend rapidement compte que le nom de Nolwenn représente un tabou difficile à aborder. Mal à l’aise sur l’île, qu’elle déteste et souhaite quitter, elle ne se rend pas compte qu’Ouessant, tout en douceur, parvient à s’approprier ses sentiments jusqu’à ce que le manque se fasse sentir.
Un secret, sournois et maléfique, s’insinue dans la vie de ceux qui en ont connaissance, une poignée d’individus seulement, car en ce temps-là, le verbe a été soigneusement muselé. La sœur de Nolwenn, la tante d’Adèle, a décidé de fuir l’île, refusant de s’acoquiner à cette mascarade. D’autres, en revanche, ont pris le parti du silence, tandis que certains, que l’on croyait trépassés, sont encore bien vivants et désireux de tout raconter. L’histoire s’entrelace avec des rebondissements, mais jamais je n’ai imaginé ce qui allait être dévoilé ; c’est véritablement à la fin que la lumière m’est apparue, lorsque Laure a presque tout révélé, et je suis enchanté par l’habileté avec laquelle cet enchevêtrement a été tissé.
Toutefois, ce récit ne se limite pas à un unique secret captivant ; il tisse également, en toile de fond, une magnifique romance pour Adèle, qui hésite encore, prisonnière de son appréhension face à l’abandon et à l’engagement. Que se passerait-il si elle avait enfin le courage de se libérer ?
J’ai été frappé par un véritable élan d’émotion à la lecture de cette œuvre : Laure a su aborder un thème délicat, touchant de plein fouet de nombreuses familles… ces obscurs secrets que l’on dissimule pour préserver ceux que l’on chérit, mais qui, en dépit de toutes nos bonnes intentions, peuvent engendrer des ravages.
CITATIONS
- « Il n’y a ni échelle de malheurs ni unités de mesure. On a la vie qu’on a, pas la vie qu’on mérite. Le reste est une question d’acceptation. »
- « Les liens du sang ne font pas toujours les liens du cœur… »
- « L’esprit s’arrange avec ses souvenirs… Il préfère parfois oublier certains traumatismes »
NOTE
