Astrid s’en va. Elle abandonne la ville, sa famille et sa belle-famille. Fuyant une vie qui n’a plus de sens pour elle, elle a acquis, à distance, une ancienne maison dans le Mercantour, qui est si précieuse pour son amour. Une demeure située dans un hameau reculé, en pleine montagne, c’est ce dont elle a besoin pour survivre, pour se retrouver entre la vie et la mort, à la lisière du monde.
Sans oublier Ida, sa voisine éloignée (nous sommes dans les montagnes), qui vient lui rendre visite pour lui offrir des conseils et réveiller un peu sa motivation.
Dans les montagnes, Soraya est avec sa tante. À seulement dix-sept ans, elle attend un enfant, résultat d’un viol. Elle a quitté la Syrie avec sa famille, sa sœur, ses frères et sa tante il y a deux ans. Son existence a été marquée par des épreuves multiples. Elles essaient de gagner la France, symbole de liberté. Alors qu’elle s’apprête à accoucher, la tante de Soraya décède sous une forte neige. C’est à ce moment qu’Astrid la trouve et l’emmène chez elle. Aidée par Ida, Soraya mettra au monde le bébé qu’elle ne souhaite pas rencontrer.
La suite de ce récit présente un affrontement entre diverses douleurs et le processus de deuil. Ces deux femmes devront s’adapter à nouveau à la vie et faire face aux nombreux dangers qui les entourent.
C’est une ode à la nature et à l’humanité, où l’auteure saisit l’essence de la vie à travers les détails les plus subtils, nous présentant la montagne et ses habitants. Bien que le récit soit tragique, le style d’écriture demeure délicat et poétique. C’est mon coup de cœur, un grand merci à mon amie de me l’avoir fait découvrir.
CITATIONS
- « Elle hait le conditionnel, le temps des remords et des regrets, cet ailleurs impossible qui nargue de sa petite voix : et si, et si… »
- « Aucune femme ne devrait avoir un bébé dans le ventre sans l’avoir voulu non plus. »
- « Écouter, prévoir, mesurer, soupeser, anticiper, attendre, réagir, dorloter, donner. De l’attention, de l’amour, de la patience, de l’énergie. Donner. »
NOTE
