Philippe Manevy, tel un narrateur émergent, grimpe les dernières ramifications de son arbre généalogique pour évoquer la lignée de ses ancêtres, ses grands et ses parents qu’il désigne avec tendresse sous le terme de « sa famille ordinaire ».
Cependant, nulle famille ne peut être qualifiée d’ordinaire. La famille, telle une créature à part entière, respire, se divise, s’étend ou se fane, régie par des lois imprévisibles, avec ses ramifications, ses rejetons et ses éléments libres, empruntant des voies souvent inattendues.
Il aborde également les thèmes de la France, en nous plongeant dans la ville de Lyon, berceau originel de son récit, et nous fait découvrir ses ateliers de Canuts, ses traboules, et la majestueuse colline de la Croix-Rousse. Il y insère de poignantes réflexions personnelles sur l’écoulement du temps, le vieillissement et le devoir de transmission.
La marche est intéressante, pleine d’intimité, accueillante et empreinte de mélancolie. On a l’impression de vouloir rester auprès de Louise, René, Alice… Ce récit fait écho aux expériences personnelles du lecteur, le ramenant, parfois douloureusement, à sa propre histoire et à son expérience du temps.
CITATIONS
- « Je préfère vraiment vrai, ceux qui décrivent, observent, fouillent, exhument, qui cherchent le juste plutôt que le joli, me fait traverser les périodes de l’histoire que je n’ai pas vécue, m’aident à comprendre des réalités sociales dont j’ignore tout, me permettent d’éprouver l’orgueil et la honte et la colère et l’abattement parfois de ceux, de celles qui m’ont précédé. »
- « Le malentendu est l’héritage du monde le mieux transmis, soit. »
- « La population du quartier mêlait petits retraités, comme mes grands-parents, immigrants, étudiants fauchés et artistes marginaux : l’époque était aux squats et non aux galeries chics. »
NOTE
