À l’adolescence, certaines amitiés prennent une place immense dans nos vies. Celle qui unit Diane, Cora et Simon est de celles-là : profonde, fusionnelle et essentielle. Alors lorsque Simon est plongé dans le coma à la suite d’un virus particulièrement agressif, l’équilibre du trio vole en éclats.
Diane, brillante étudiante en classe préparatoire littéraire, se retrouve incapable de poursuivre son année normalement. Toute son attention est tournée vers Simon, son état de santé et les zones d’ombre qu’elle découvre peu à peu dans la vie de son ami.
Pour Cora, la situation est tout aussi difficile. Fragilisée par une histoire familiale compliquée, elle avait trouvé auprès de Simon une présence rassurante et un véritable soutien. Face à ce drame, elle se retrouve brutalement confrontée à la solitude et à ses propres blessures.
Un autre personnage prend progressivement une place importante dans le récit : la mère de Simon. Malgré sa douleur, elle tisse un lien inattendu avec les deux jeunes filles. Ensemble, ils tentent de faire face à l’attente, à l’espoir puis à l’inéluctable.
Même si l’issue de l’histoire n’est pas heureuse pour Simon, ce drame devient pour Diane et Cora une étape déterminante de leur construction personnelle. Il les pousse à réfléchir à la fragilité de la vie, à la valeur des liens qui nous unissent aux autres et à l’importance de profiter de ceux qui sont encore présents.
Je ressors néanmoins assez partagée de cette lecture. J’ai trouvé les thèmes du deuil, de la maladie et de la reconstruction très bien traités, avec des réflexions souvent justes et touchantes. En revanche, j’ai eu plus de mal avec le personnage de Diane. Son univers très privilégié, ancré dans un milieu bourgeois et élitiste, m’a parfois semblé pesant. Certaines de ses attitudes m’ont également paru contradictoires, ce qui a rendu mon attachement au personnage plus difficile. Malgré ces réserves, le roman propose une réflexion sensible sur l’amitié, la perte et le passage à l’âge adulte.
L’histoire en elle-même était intéressante, ce qui m’a poussée à poursuivre ma lecture sans abandonner. En revanche, j’ai souvent eu tendance à survoler certaines descriptions et passages, parfois trop longs à mon goût. Le roman contient en effet de nombreux détails et informations qui, selon moi, n’apportent pas toujours une réelle valeur à l’intrigue.
CITATIONS
« C’est injuste mais c’est vrai: aucun chagrin, même le plus déchirant, même le plus légitime, n’a suffi jusqu’ici à arrêter la marche du monde. Et souvent, par une force de résilience que je serais incapable de pratiquer ou même d’expliquer, ils ne suffisent pas à arrêter la marche d’une vie. »
« Et aussi simplement que ça, une nuit comme les autres devient un Début. »
« Qu’il est difficile de réduire quelqu’un qu’o aime à un corps, à un dossier médical, à un taux de lymphocytes.
Qu’il est difficile d’arriver à conjuguer quelqu’un qu’on aime au futur quand le reste du monde en parle au conditionnel, ou le chuchote déjà au passé. »
NOTE
