Dès les premières pages, il est évident que la situation des paysans est destinée à mal se terminer, en raison du poids des maîtres et des propriétaires terriens sur lesquels ils travaillent sans espoir d’amélioration. Madelaine se distingue dans ce contexte sombre, elle s’oppose et lutte, obtenant des victoires coûteuses. Elle incarne une héroïne dynamique qui agit rapidement, captivant par sa force mêlée de vulnérabilité.
La nature ne se montre pas indulgente envers les malheureux ; elle anéantit leurs espoirs de récoltes, que ce soit à cause de gelées hâtives ou tardives. Elle peut tuer par le froid ou la famine, et se révèle peut-être plus cruelle que les hommes qui infligent des blessures, des violences, et d’autres formes de mal. Quelle différence y a-t-il ? Bien qu’ils soient habiles de leurs mains, ces hommes peuvent être alcooliques ou violents, échappant à toute notion de combat, victimes eux-mêmes, ne connaissant que la peur et la famine.
Je sais maintenant que je n’accroche pas au « rural noir », comme on dit. Si ces thèmes vous retiennent et que le genre vous plaît, ce roman lent, fouillé, et le style très particulier de l’autrice devraient vous enchanter.
CITATIONS
- « Ce monde n’offre ni promesses ni certitudes, en dehors du fait que nous mourrons sans doute trop tôt, nos existences sont courtes, sauvages, éreintantes. Mais comme dit Eugène : c’est normal. C’est la vie de nos parents, et de leurs parents avant eux.
Un monde qui ne change pas. » - « … c’est plus facile d’accuser les victimes quand le bourreau est le maître. «
- « Nous avons choisi le silence. Nous sommes des lâches, mais nous sommes vivants. »
NOTE
