Dans « La Correspondante », nous faisons la connaissance de Sybil van Antwerp, une femme âgée et retraitée. Mère, grand-mère, divorcée et forte d’une carrière accomplie, elle s’installe chaque matin à son bureau pour rédiger des lettres. Elle y consacre du temps, choisissant ses mots avec soin, laissant libre cours à ses pensées. Ses destinataires sont variés : son frère, sa meilleure amie, un jeune garçon, ses auteurs favoris, son voisin, une doyenne d’université …..
Le quotidien de Sybil est fait de mots qu’elle couche sur le papier, de vérités cachées ou exprimées. Jusqu’à ce qu’une missive du passé vienne fissurer son monde bien ordonné. Une urgence surgit : il faut regarder la vérité en face. Sybil, qui pensait avoir classé sa vie, réalise que le temps ne s’écoule pas sans laisser de traces. Le roman, composé de lettres échangées, progresse par fragments, hanté par un drame ancien toujours présent.
Comme de petits cailloux jalonnant un chemin sinueux et parfois douloureux, chaque missive, donnée ou reçue, dessine la trajectoire de vie de Sybil, faite d’épreuves, mais aussi de joies fugaces. L’ensemble dégage une grande tendresse, une délicatesse et une sensibilité palpables, témoignant d’un savoir-faire exceptionnel.
J’ai trouvé une véritable sérénité à me plonger dans ce récit, une parenthèse enchantée dont j’ai apprécié chaque instant, même si son souvenir peut s’estomper. Une lecture délicieuse.
CITATIONS
« Je me suis mise à écrire des lettres, et c’est devenu une obsession. Le plus souvent quand j en écrivais une, j en recevais une en retour. Cela surprend, mais j ai découvert que la plupart des gens répondent. »
« ll n’y a, je crois, que deux issues possibles au chagrin partagé : soit on s’accroche désespérément l’un à l’autre et on résiste de toutes nos forces, soit on baisse les bras, et aussitôt s’érige un mur trop haut pour être franchi. »
« Quelqu’un […] m’a dit un jour qu’il n’existe pas d’univers parallèle ; pas de « que serait-il arrivé si… ». Comme je voudrais que ce soit le cas. »
NOTE
