Le récit d’un père qui soustrait sa fille à sa mère fait écho à des événements réels. Le focus est mis sur l’expérience de l’enfant, dont le monde familier est bouleversé lors de cette fuite. Le cadre est l’Italie des années de plomb, ponctuée de ses infrastructures routières, de ses lieux de passage et de sa musique de l’époque.
Les sentiments d’Ilaria sont décrits au présent, soulignant leur immédiateté. Leur expression, vive et directe, est filtrée par son propre regard, qui privilégie le jeu et la curiosité. Sa situation, caractérisée par les allers-retours imprévisibles de son père, les abandons et les reprises sans explication, ainsi que son implication forcée dans un conflit qui la dépasse, l’amène à penser initialement qu’elle est en vacances pour quelques jours.
Le texte aborde la situation complexe des enfants dont les parents divorcent, en soulignant le déchirement émotionnel causé par la séparation et les liens affectifs persistants. Il décrit l’inconfort et le malaise ressentis par ces enfants, tiraillés entre deux affections et des loyautés opposées, ce qui affecte leur stabilité émotionnelle et mentale.
Ce roman court, d’une grande finesse, offre une analyse juste des sentiments d’une jeune fille confrontée seule à l’apprentissage de la vie.
CITATIONS
« Des fois, sa colère est telle que je vois voler des boules de pétanque au-dessus de ma tête. Je frissonne, je me bouche les oreilles. »
« Je n’ose pas dire « non », je n’ose pas dire que je ne comprends pas , que je m’en fiche complètement des choses plus importantes. Je veux aller à l’école, jouer, voir mes copines, aller aux anniversaires, aux cours de gym. Je veux faire des flic-flac, des roulades,, m’entraîner à la poutre et faire comme Nadia Comaneci. Je veux rentrer. Puis l’idée de quitter Papa me glace. Je ne peux pas le laisser seul. »
« Plus nous nous éloignons de Genève, plus j’ai le sentiment d’avancer les yeux fermés dans un couloir »
« Maintenant, avant d’ouvrir la bouche, je prends mon temps. Je commence ma phrase, l’observe et si je vois le moindre signe d’irritation, je me tais. »
NOTE
