L’histoire se déroule à Marseille, où des archétypes comme « la bonne mère » et « la canebière » sont mis en scène. Le concept de « bonne mère » est ici associé à une femme affirmant son identité « cagole » en compagnie de ses amies, profitant du soleil de manière précoce et arborant des chaussures à talons rouges. La dynamique d’un couple marié, dont le mari est napolitain, est décrite comme précaire, et leur fille, Clara, en subit les conséquences. Clara, se présentant comme fragile, s’installe à Paris, qu’elle trouve remplie de personnes conventionnelles. C’est là qu’elle fait la connaissance, au sein de Sciences Po, d’un représentant par excellence du Parisien, aux yeux des Marseillais.
Ce roman mêle habilement humour et gravité. L’évolution de la condition féminine est développée subtilement, ce qui confère une plus grande force à son message, par opposition à des approches plus directes qui risqueraient de le compromettre.
Le récit dégage une atmosphère chaleureuse, caractéristique des régions du sud, intensifiée dans cette œuvre, mais contenue. La manière « douce » de traiter les violences conjugales enrichit le propos, entraînant le lecteur dans un kaléidoscope visuel allant du rouge des chaussures au bleu des marques corporelles.
Certains portraits ou scènes peuvent donner une impression de caricature, pourtant La Bonne Mère aborde des thèmes plus complexes qu’il n’y paraît au premier abord.
Ce roman, qui m’a interpellé par son humanité sincère et sa clarté, présente un portrait saisissant de la force de caractère et des intrications familiales, dans un environnement méditerranéen d’une forte authenticité.
CITATIONS
« Les plages bretonnes ont cela d’étonnant qu’on peut y marcher sans risquer la collision avec un corps ou une serviette-éponge. Les gens sont là, mais c’est la nature qui s’étale ; la mer, le sable, les coquillages laissés par la marée. »
« J’aime ces filles parce que quand je m’oublie, elles me rappellent. On a grandi ensemble. »
« Le bonheur, c’était un plat chaud partagé, un rire qui éclate au milieu du bruit. On n’avait pas besoin de plus pour croire que ça allait aller. »
« J’ai peur qu’il me tue, oui. Un peu.
J’ai peur surtout des résidus d’amour qui me réveillent la nuit, moite et frissonnante; de l’aimer plus que mon désir de survie. »
NOTE
