À travers un roman en vers libres, on découvre un vieil homme, ex-professeur et poète, qui s’immerge dans le lac El-Assad. Ce lac a noyé le village de sa jeunesse, enseveli par la construction du barrage de Tabqa. Ce retour aux sources est également une exploration de ses souvenirs, couvrant toute une vie, avec ses bonheurs et ses peines.
L’auteur évoque l’histoire de la Syrie à travers des allusions subtiles.
Antoine Wauters signe un long poème d’une incroyable beauté et d’une puissance considérable. Après la douceur des souvenirs heureux, l’œuvre dépeint le docteur Bachar, personnage insignifiant dont la transformation en un individu sanguinaire plonge la Syrie dans l’horreur. Pourtant, ce récit respire la tendresse et la mélancolie, ce qui constitue la spécificité de l’écriture d’Antoine Wauters. Le roman, lumineux et enchanteur, traite de l’amour d’un homme âgé pour son pays, ses deux femmes, ses enfants et la poésie qui peut tout réconforter.
Mahmoud ou la montée des eaux est une œuvre brève mais dense, qui constitue une agréable trouvaille.
CITATIONS
« Vieillir, c’est devenir l’enfant que plus personne ne voit.
L’enfant dont on dit qu’il a les cheveux gris. »
« Je ne peux que fermer les yeux et me souvenir,
une main dans mon amour de toi et l’autre dans
le regret. »
« Ainsi sont faites les mères : taillées dans le bois du souci. »
» Mais qu’est-ce que le vouloir d’un père contre la soif de liberté d’un enfant ? Alors, je lui ai dit d’être prudente.
Et que je l’aimais. »
NOTE
